Des « casseurs » particuliers …

Débordements d’un « casseur » de vitrine de banque et d’un « groupe » venu gérer l’incident, lors d’une manifestation le samedi 16 octobre, aux environs de 19 heures sur le boulevard Diderot à Paris, prise par un caméramen de l’agence Reuter.

source : Le Monde
« (…j’) ai pu discuter longuement avec « l’homme aux cheveux blancs », en fait  Monsieur Bertrand de Quatrebarbes. Voici un résumé de son histoire : Il buvait un pot à la terrasse d’un café avec sa femme et sa fille. Tout était tranquille. Soudain, un groupe de manifestants a déboulé sur la place. Les clients du café se sont levés pour partir, et c’est à ce moment-là qu’il a aperçu ce type qui s’en prenait à la vitrine de la banque. Il a cru que c’était un lycéen, et il s’est approché pour le sermonner. Lorsque le casseur s’est tourné vers lui, il a vu qu’il s’agissait d’un adulte. Celui-ci a semblé surpris d’être interpellé, mais il ne s’est pas montré menaçant. C’est alors que Monsieur de Quatrebarbes a reçu un coup de pied dans le dos. Puis un groupe d’individus l’a entouré, certains lui donnaient des coups, mais pour de faux en quelque sorte. D’ailleurs, il n’a aucune marque sur le corps. Toutefois, une bouteille lui a frôlé le visage et a blessé sa fille à la main. Autour de lui, il y avait dix à vingt journalistes. C’est alors qu’un homme d’une cinquantaine d’années a tenté de calmer les choses. Puis, il a dit un truc du genre «Bon, laissez-le maintenant !»
Ses « assaillants » se sont éloignés, et un peu plus tard, l’homme qui semblait être le chef (mais le chef de qui et de quoi ?) est allé prendre des nouvelles de sa fille, avant de s’éclipser à son tour.
Monsieur de Quatrebarbes se voyait mal parti. Il sait qu’il doit beaucoup à cet homme. Cela dit, il est incapable de dire si ces gens étaient des manifestants ou des policiers. Mais il est sûr, en tout cas, qu’ils n’ont pas cherché à lui faire du mal.
Les forces de l’ordre n’étaient pas présentes sur les lieux. Donc, les images où l’on aperçoit des policiers ont été prises ailleurs et à un autre moment. Même si les faits sont exacts, cette vidéo est un montage. Elle donne l’impression d’une continuité dans les événements, ce qui n’est pas le cas.
Il faut donc se garder d’une interprétation trop rapide. »

A partir de la vidéo ralentie et de ce témoignage, on peut se faire une idée plus précise de la situation. Cependant, plusieurs questions demeurent concernant le déroulement de cette scène :
1. qui sont ces personnes (on en voit au moins 5 arriver à 01:44) qui viennent entourer et gérer l’incident entre le « casseur », Monsieur de Quatrebarbes et le « ninja » quasi-instantanément ?
2. s’il s’agit vraiment d’autonomistes ou d’anarchistes isolés comme suggéré par les autorités, pourquoi sont-ils si bien organisés notamment autour de celui qui les « commande » ?
3. s’il s’agit d’émeutier organisés, au contraire, pourquoi protégent-ils Monsieur de Quatrebarbes et exfiltrent-ils le « casseur » (à 02:12) au lieu de continuer la casse ?
3b. même question si le groupe est en fait formé de policiers venus gérer un vrai « casseur » et sa rixe avec Monsieur de Quatrebarbes et le « ninja » !?
4. pourquoi le « ninja » masqué fait-il diversion en s’agitant avec son tonfa à 2 reprises, et pourquoi aucun policier en civil ne l’arrête-t-il sur le champ ?

Une autre question qu’on serait en droit de se poser : l’identité de ce dernier, mais une source policière affirme qu’il a justement été interpellé par la BRI le 28 octobre au matin « à proximité d’un squatt du 20ème arrondissement« , rue du Capitaine Marchal à Paris.
Selon Europe1 et RTL, il portait au moment de son arrestation des vêtements ressemblant à ceux de la vidéo et de photos prises par des policiers en civil le même jour ainsi que le 16 octobre avant qu’il ne dissimule son visage par un masque. Cette partie du « mystère » partiellement résolue, les autres questions évoquées ci-dessus demeurent …

D’autant que la fin de la vidéo, même sans rapport immédiat, démontre tout de même une capacité d’infiltration de policiers en civil pour piéger (inciter ?) les fauteurs de trouble en leur faisant, par exemple, croire qu’ils sont plus nombreux qu’en réalité, afin de mieux les confondre au moment opportun. D’autres témoignages, déclarations de personnalités diverses (Jean-Luc Mélenchon, Bernard Thibault, …) ou vidéos interrogent sur les méthodes de lacrymogènisation faisant fi des poussettes (!) ou sur les techniques d’infiltration, dont celle de Lyon avec ces policiers déguisés en syndicalistes (malgrès les dénégations du préfet du Rhône) et confondus par une foule en colère :

http://www.dailymotion.com/videoxfa7p6

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