Le Monde contre l’Élysée

Le dossier s’annonce tendu dans un contexte déjà délétère ; le quotidien dénonce ainsi l’utilisation illégale, par la présidence, du contre-espionnage français (DCRI) pour déterminer la provenance de certaines informations dans le dossier Bettencourt-Woerth, notamment à propos des conditions d’embauche de la femme de celui-ci chez Clymène, l’une des sociétés de gestion de la fortune familiale.

Le recours à la Direction centrale du Renseignement intérieur s’entend dans le cadre très précis d’une enquête judiciaire -ce qui n’est pas le cas présentement-, ou dans la situation d’une mise en péril de l’État -alors que l’on ne retrouve ici que la défense d’intérêts particuliers.

Cette utilisation demeure dès lors strictement inacceptable d’autant qu’elle vient précisément violer -de surcroît!- le secret des sources journalistiques, protégé depuis la loi du 29 juillet 1881, normalisé en 1996 au niveau européen et renforcé en 2010 au niveau national. Voilà qui rappelle donc les heures sombres des écoutes téléphoniques illégales sous Mitterrand.

Le haut fonctionnaire ainsi découvert comme étant l’informateur d’un journaliste du Monde en juillet dernier a depuis été muté à Cayenne (on appréciera le symbolisme …), et le journal porte ainsi plainte contre X alors que l’Élysée dément officiellement toute implication ; voici une nouvelle étape franchie dans ce qui est dores et déjà une affaire d’état que l’opposition a baptisée peu imaginativement « Woerth-gate ».

Source :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/09/13/le-monde-l-elysee-et-la-liberte-d-informer_1410326_3232.html#ens_id=1373579

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