Au Front National, on reste pragmatique

Il faudrait lutter contre l’EI par tous les moyens :
Déchéance de nationalité, expulsion des fichés S étrangers ou double nationaux, emprisonnement à vie, fermeture des frontières pour éviter les terroristes infiltrés dans les flots de « migrants »…. on en passe …..
Bref, on ne mégote pas avec l’EI, la sécurité doit être totale. D’ailleurs, avec la « Marine », Mohamed Merah et les autres n’auraient pas existés (sic), c’est dire …

Mais quid de l’affaire Lafarge ?
Le cimentier a payé des taxes à l’EI entre 2013 et 2014 pour continuer à faire tourner son entreprise à Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Paiements de droits de passages aux check-points, achats de pétrole, etc, le tout pendant plus d’un an.
Jusqu’à ce que l’EI s’empare du site le 19 septembre 2014.
Mais qui sont donc ceux qui ont négocié ces petits arrangements pour éviter de voir des profits sonnants et trébuchants s’évaporer pour « rien » ?
Les responsables au plus haut niveau sont entre autres Bruno Lafont, PDG de Lafarge à Paris, et Jean-Claude Veillard, responsable sécurité au siège de Paris. D’autres responsables sont sur place à Jalabiya (Ahmad Jaloudi), à Damas (Bruno Pescheux), au Caire (Frédéric Jolibois)…

Attendez … mais n’y-a-t-il pas un hic ?
Aux dernières municipales, à Paris, le FN a soutenu, dans le 15ème arrondissement, la liste de Wallerand de Saint Just.
Et qui retrouve-t-on en cinquième place sur cette liste ? Comme vous pouvez le constater sur la capture d’écran du Figaro, le responsable de la sécurité de Lafarge en Syrie, celui-là même qui a négocié avec l’EI, Jean-Claude Veillard.

Le pragmatisme, c’est donc quand les convictions politiques viennent violemment percuter l’intérêt supérieur du capitalisme sans états d’âme, quand le discours politique et les convictions économiques ne sont pas conciliables, bref, c’est quand la propagande recouvre d’un voile pudique les incohérences profondes de convictions ultra-libérales cyniques au profit de l’économie financiarisée.

En résumé, le pragmatisme au FN c’est quand la valeur de l’argent supplante la valeur de l’humanisme et de l’intérêt général !

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La faim de la guerre ….

D’ici à 2026, le pentagone US estime indispensable d’inverstir pour 336 milliards de dollars pour moderniser les armements nucléaires américains. Soit en moyenne 33,6 milliards de dollars par an. Dont acte par Mister TRUMP.

D’ici à 2036, les russes vont investir pour ce même type d’armement la bagatelle de 330 milliards de dollars. Soit en moyenne 16,5 milliards de dollars annuels. Dont acte par Mister POUTINE.

L’ONU, quand à elle estime qu’un tout petit 4 milliards suffiraient d’éviter que des millions de malheureux meurent de faim dans le monde.

Quel sens donnons nous à Humanité ?

source : Canard enchaîné n°5028

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Les fraudeurs aux allocs du FN

Argument de poids des sbires du bas-du-front :  » Ce sont les étrangers qui plombent les comptes des allocs, privant les bons français (blancs) de leurs justes droits à ces allocations…. »

Maintenant, les faits …

Selon les sources du Canard Enchaîné (1/03/2017), une hausse des fraudes aux allocs a été détectée. Cela concerne 42 959 fraudeurs qui sont passés sous les fouches caudines de la loi, soit 8% de plus qu’en 2015. Il y en a quand même pour « plus de 275 millions d’Euros »

Cette vaste entreprise de plombage des comptes de l’Etat par le biais des allocs concerne en fait 0,36% des allocataires pour une moyenne de 6 412 euros….

Ce sont les entreprises du CAC40, les banques, les FAGA et les gestionnaires de fortunes qui doivent se tordre de rire.

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Le mouvement social embastillé !

Il fallait le voir ce cirque pour le croire. Après des mois de lutte contre une loi antisociale et précarisante, décidée par un groupuscule gouvernemental dont l’illégitimité n’est plus à démontrer, aggravée par les violences policières et les mensonges médiatiques, le mouvement social -stérilement divisé entre grévistes et autonomes- était au pied du mur. Mais non content de passer en force au 49.3 sans aucun référendum afférent, la clique hollandiste dans toute sa splendeur a cafouillé un compromis de son acabit à mi-chemin de l’interdiction … en enfermant la contestation à l’intérieur d’un mur. Mur certes ici temporaire mais hautement symbolique en ces lieux historiquement carcéraux, ceux de l’ancienne Bastille.

Quelle complication déjà, ne serait-ce que pour rejoindre le rassemblement : il fallait sortir une station de métro à l’avance puisque la principale y était fermée. Et sur la route, passer des barrages filtrants à la chaîne avec fouille systématique des sacs et poches : jeunes ou moins jeunes, étudiants ou travailleurs, encartés ou simple manifestant-e-s, chacun-e étant soupçonnable d’être un terroriste en puissance. Et puis, la célèbre place, enfin, non sans avoir passé un ultime mur de grillage mobile avec son énième vérification par un policier casqué aux allures de CRS ou un civil en t-shirt et lunettes noires avec oreillette pour tout matricule. Voilà pour l’ambiance caniculaire – bienvenue au zoo.

Quant au décor : les principales rues avaient été barrées par ces murs grillagés, tout autour de place et du côté ouest du canal de l’Arsenal, chacune des autres étant au moins bloquée par un dispositif de camion en travers et son étal de robocops inexpressifs. Nous voilà presque à l’image des fan-zones privative de la grand messe footbalistique, la liesse avinée en moins et le message politique en plus. Ce disneyland militant de moins de 2 kilomètres serait circulairement parcouru en moins d’une heure par des délégations venues par dizaines de milliers. Sans heurt, certes, mais sans passion non plus vue l’ironie d’une telle situation, et ce symbole d’un piège, d’une cage même pas dorée, d’un serpent qui se mord la queue.

Quid des protagonistes ? Certes, CGT, FO, SUD/Solidaires, FSU, CNT, Fidl, UNL et d’autres fédérations présentes auront obtenu un semblant de manifestation au lieu d’une interdiction ou d’un regroupement statique. Leurs slogans auront été entendus : « Hollande, Valls, démission » ; « Khomri, ta loi on n’en veut pas » ; « Ni amendable, ni négociable, retrait, retrait de la loi travail » ; « Guillaume Pépy au RMI, Pierre Gattaz au RSA » ; etc. On aura aussi pu profiter des quelques notes d’une fanfare aussi visible qu’audible. Mais attention, derrière les apparences, c’est un début de capitulation auquel on a assisté.

Malgré une centaine d’arrestations abusives avant même l’heure du rendez-vous, un important attroupement autonome improvisé dans le virage du quai de la Rapée ne s’y est pas trompé en interpellant les cortèges syndicaux ceinturés de leur service d’ordre avec ces mots d’ordres spontanés : « Une manifestation c’est pas tourner en rond » ; « Le grand zéro, aujourd’hui à Bastille » ; « SO, flics, même combat » ; « Tout le monde déteste la police » ; « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous » ; « A – A – Anti – Anticapitaliste », etc. Ces phrases provoquent parfois doute, parfois tension, mais souvent regard et sourire connivents.

Car personne ne peut faire mine d’ignorer que la « représentativité » républicaine est une grande malade arrivée à terme. Que les élections, quels qu’en soient les résultats, ne font que nous faire tourner en rond pendant qu’autour un système brutal, dirigé par une minorité, décide pour nous, contre nous, en délimitant les frontières du reliquat déclinant de nos droits. Que l’intérêt public et ses services sont éliminés froidement pour favoriser un système monopolistique financiariste dans tous les secteurs de la société. Que la soit-disant « modernisation » qu’incarne la loi travail, ou Macron 3 ou Khomri 1, n’est que la partie visible de l’iceberg politicien visant à nous faire regresser jusqu’à un stade quasi monarchique.

Toute la question est donc de savoir si l’embastillement populaire auquel on a assisté ce 23 juin 2016 va provoquer, ou non, un sursaut. Non pas du côté du pouvoir duquel il n’y a, on l’a bien compris, rien à attendre. Mais du côté du mouvement social, dans sa capacité à s’unir, à faire front uni, à refuser de tourner en rond pour la forme, à ne plus avaler les mensonges instrumentalisants sur les « casseurs », à dépasser le stade d’une négociation truquée sur une loi déjà décidée par quelques aristocrates, bref, à reprendre les choses en main une bonne fois pour toutes …

Sources :
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/en-direct-loi-travail-des-manifestations-sous-haute-tension-a-paris-et-en-province_1805206.html
http://www.itele.fr/france/video/en-direct-loi-travail-la-manifestation-parisienne-se-disperse-168497

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COP21 : après moi, le déluge.

Segolène Royal, ministre de l’écologie sauce socialo-réformiste tendance libérale, a annoncé une grande victoire pour l’écologie en vue de la COP21 : Engie et EDF, sponsors officiel de la COP21 ne construirons plus de centrales au charbon, grandes sources de pollution qui participent à l’avancée du réchauffement climatique.
Ceci permet donc à ces entreprises d’afficher fièrement le logo « Partenaire officiel Paris 2015″ et donc de mettre une couche de Vert propre sur leurs activités, leur image, dont on peut dire qu’elles imitent en cela les « voitures propres » de VW.
Mais au fait, me direz-vous, qu’en est-il donc de leur activité productrice d’énergie électrique. En effet, ces entreprises qui fondent leur bizness dans le charbon, le gaz et le pétrole devraient avoir du mal à justifier du coup d’arrêt qu’elles promettent sans remettre en cause les marges bénéficiaires que ces ressources fossiles leur procurent.
Engie, en effet, renonce à deux centrales au charbon, l’une en Turquie et l’autre en Afrique du Sud. Mais elle continue d’exploiter une trentaine de centrales disséminées dans le monde, et continue la mise en place de quatre centrales au charbon, au Brésil, en Inde, au Chili et au Maroc.
Quand à EDF, elle exploite toujours 16 centrales dans le monde, et en installe actuellement une en Chine.
Ce qui permet aux spécialiste écologistes de calculer qu’à elles deux, elles émettent 151 millions de tonnes de CO2, soit la moitié des émissions françaises.
Le Monde signale d’ailleurs (17/10/2015) qu’en 2030 les énergies fossiles proposeront encore 75% de l’énergie mondiale, et sans doute 50% d’ici 2050. Le GIEC quant à lui avait conseillé de réduire à 20% leur part à l’horizon 2050 afin d’avoir un effet minimal sur le réchauffement climatique.
Les lobbies de l’énergie sont si puissants, les médias sont tellement aux ordres (parce que sous capital de grands patrons d’industries), et les gouvernements successifs tellement impuissants ou soumis, que l’enfumage a pris la forme d’une victoire pour la plupart du citoyen lamba à l’écoute des médias traditionnels.
Ils veulent bien faire « comme si » il défendent la planète pour préserver leur image, mais pas question si cela touche aux dividendes.
Après moi, le déluge …..
Source : Canard Enchaîné n°4956

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