Des parlementaires solidaires et citoyens !

Tous solidaires pour les retraitesA longueur de petit écran, nos parlementaires, du PS jusqu’à l’extrême droite, écologistes inclus, nous martèlent les mille bonnes raisons d’accepter cette réforme des retraites.
Inutile de revenir en détail sur la manipulation et ses arguments fallacieux voire mensongers, de nombreux argumentaires provenant de différentes sources reconnues s’en sont déjà chargés. De plus, son but est atteint : faire accepter à l’inconscient collectif que chaque travailleur qui vit plus longtemps doit cotiser plus longtemps, et donc augmenter le nombre de ses annuités de travail. Cela semble être globalement admis pour une bonne part des français.

 

Amendement à la réforme 2770 des retraites :
Ah ! Ces parlementaires qui nous font la morale, nous demandent de faire des efforts, de se solidariser à la jeunesse pour ne pas lui faire supporter la dégradation des caisses de retraites … Ils font appel à notre conscience citoyenne, notre sens de classe, notre responsabilité, notre humanité, et notre solidarité. « Tous ensembles pour sauver les retraites par répartition« .

D’ailleurs, à propos de solidarité citoyenne, signalons l’amendement de quatre parlementaires : M. de Rugy, M. Cochet, M. Mamère et Mme Poursinoff. Le 3 septembre 2010, ils proposèrent un amendement à la réforme des retraites, l’amendement 249 Rect. Que disait-il ?

En bref, qu’il faudrait aligner le régime des retraites hyper-avantageux des parlementaires sur celui du quidam lambda, afin que l’effort consenti pour sauver les retraites par répartition soit pris en charge par tous les intervenants de la société, mais également pour montrer l’exemple, et pour que le citoyen moyen ne pense pas que les carrières politiques ne sont impulsées que par des considérations de prises d’intérêts indus offerts par des postes privilégiés.

Une initiative qui pouvait sans conteste redorer le blason de cette classe politique, qui avait besoin d’un bon coup de brosse sur une image ternie par des casseroles diverses ces derniers temps.

Eh bien, cet amendement a été rejeté à l’unanimité, à gauche comme à droite, comme on peut le constater sur ce résumé officiel

Picardie terre de privilèges :
D’autre part, d’après une information du Canard enchainé (n°4694 du 14 Octobre 2010), dans ce même esprit de solidarité sociale et citoyenne, M Eric Woerth a encore frappé très fort quand il était ministre de la solidarité (le comble pour un ministre à la solidarité sociale …).

Depuis 1992, les élus au conseil régional de Picardie bénéficient d’un système de retraite complémentaire, en plus de leurs autres sources de revenus, sans avoir jamais versé un centime de cotisation. La région a ouvert un fond de capitalisation, au frais des habitants, de 1,3 millions d’euros, géré par la caisse nationale de prévoyance (CNP). A partir de 61 ans, chaque ancien conseiller régional touche 5488 euros de retraite par an et par mandat de six ans. (ce qui veut dire qu’un smic est garanti au bout de deux mandats de conseiller, en plus d’autres salaires ou retraites).

En décembre 2009, la CNP tire la sonnette d’alarme : Avec le vieillissement de la population, les conseillers vivent plus longtemps donc vident de plus en plus ce fond de retraite. Du coup, la CNP n’allait plus pouvoir verser de nouvelles retraites aux nouveaux arrivants à 61 ans.

Les élus de Picardie appellent donc Woerth au secours, qui charge ses conseillers de ramener la CNP à la raison. Et voici comment, après avoir réformé pour le bien des français le régime général des retraites, il réussit à maintenir un régime spécial plus que généreux pour les heureux conseillers régionaux de Picardie.

Hors, comme Monsieur Woerth est accessoirement conseiller régional de Picardie, il n’y a aucun doute sur l’eventualité d’un conflit d’intérêt.

sources :
Assemblée nationale
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