Et la diplomatie dans tout ça ?

Le Président Sarkozy n’en est pas à son premier « coup d’éclat » diplomatique à l’échelle internationale, loin s’en faut ! On a déjà eu maintes fois l’occasion de le remarquer dans le registre du meilleur, d’un point de vue global, comme du pire, en y regardant de plus près.


Du meilleur, comme par exemple lors de ses déclarations d’intention durant les crises européennes ou mondialisées (subprimes, Grèce …) soutenant notamment des propositions tout à fait pertinentes de régulation et de transparence de la finance et des prix, sa prise en compte rationnelle de la multipôlarisation des marchés avec les pays émergents, son rôle parfois médiateur au moyen-orient, (etc).

Du pire, comme notamment avec ses positions discutables à propos du rapport Turquie-Europe, avec ses discours parfois condescendants (Dakar, Columbia …) et très mal reçu par les diplomaties (africaines, américaine …), avec sa position considérée comme complaisante entre autres vis à vis de la Chine sur les droits de l’Homme ou du très sulfureux colonel lybien Khadafi, (etc).

Son parcours à l’échelon européen est ainsi parsemé d’une alternance de tensions et d’accords, de soutiens et de défections, nourris par cette dualité d’une vision systémique éclairée malheureusement couplée à une qualité relationnelle souvent médiocre et donc peu constructive en la matière diplomatique. Ainsi, c’est la première fois que l’Union et la quasi-totalité de ses représentants, au-devant desquels José Manuel Barroso et Angela Merkel, tournent de concert le dos à la France et en particulier à son Président, plus que jamais isolé.

Les échanges vifs depuis plusieurs jours entre Viviane Reding et Nicolas Sarkozy à propos des expulsions de roms du territoire français ont conduit celle-ci à la tempérance et ce dernier à l’excessivité. Le Président français aurait pourtant dû sentir le vent tourner sur ce sujet sensible depuis les réactions outrées, dès le mois d’août, de l’ONU, de l’Église, de personnalités politiques, d’associations, de la presse internationale et de l’opinion publique.

Mais le voici à présent abandonné par tous ses alliés européens d’hier pour avoir ajouté davantage de polémique à l’encontre du Luxembourg (pays fondateur …) pour commencer, ensuite lors du sommet bruxellois très tendu de ce 16 septembre causant l’irritation du Président de la Commission Européenne, et enfin en s’avançant imprudemment sur le terrain de la politique allemande de l’immigration, lui valant la défection de la Chancelière.

Parmis le reste des dirigeants et diplomates européens, seul Silvio Berlusconi défend encore Nicolas Sarkozy, soutient probablement aussi modeste qu’embarrassant … car quoiqu’il se passe dans les jours prochains, et bien qu’on voit mal comment les choses pourraient encore s’aggraver, la présidence française du G20 débutant en novembre prochain ne s’annonce pas sous les meilleures augures.

Sources :
http://www.20minutes.fr/article/598190/politique-la-presse-francaise-est-consternee-par-l-attitude-de-nicolas-sarkozy-au-sommet-europeen
http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/09/17/merkel-dement-avoir-parle-de-camps-de-roms-avec-sarkozy_1412267_3214.html

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