Intérêt public et avantages privés

Une tentation courante des hommes à qui le suffrage a confié de hautes responsabilités,  est de confondre l’intérêt supérieur de l’État avec leurs intérêts personnels. Les exemples sont nombreux, connus ou moins connus, et n’ont pas toujours soulevé de tollé général comme si ce genre de comportement était passé dans les mœurs acceptables des dérives des politiques : Utiliser le pouvoir et l’excuse de l’intérêt public pour s’octroyer des avantages personnels.

Le pouvoir, la voie vers la fortune :
La confusion ne date ni d’hier, ni n’est l’apanage d’une tendance politique. De tous bords, dès que l’homme a un pouvoir décisionnel ou qu’il gère des marchés ou de gros mouvements d’argents, la tentation est forte de prendre au passage un peu de cette manne qui pourtant appartient à l’État, donc au peuple ET au contribuable. Ainsi, sous la présidence de François Mitterand, le scandale de son fils Jean-Christophe concernant les réseaux Françafrique en fut un exemple en son temps. Confusion entre la pratique du pouvoir et les avantages qu’il procure.

Tout le monde se souvient aussi des safaris de Valéry Giscard avec son amis Bokassa, et de l’affaire des diamants encombrants. Quand le bien public devient brutalement un bien  privé.

De même, les affaires Balkani en Afrique, le fils Balkany et les sites de jeu en ligne, Pasqua qui devient spécialiste pour passer entre les mailles de la justice, Chirac sauvé par l’UMP et Delanoë (… la liste est trop longue pour tout citer ici …)

Les exemples foisonnent, et dénotent une confusion des genres. Le politique sert la nation, mais les contacts, les opportunités, le pouvoir ouvrent bien des portes et procurent bien des occasions d’obtenir à bon compte des avantages énormes en termes financiers et de réseaux.

La dynastie Bush et le pétrole :
La dynastie Bush, sous prétexte de sauvegarde de l’intégrité du monde, et après avoir armé Saddam Hussein contre l’Iran, s’est bien vite empressée de le renverser au prétexte des armes de destruction massive cachées partout sur son territoire, photos aériennes à l’appui et rapports des services secrets américains pour justifier le tout. Mais d’une part, quelques mois après les informations se sont révélées fausses et bâties de toutes pièces par les américains, et d’autre part, la présence américaine en Irak permit surtout à la famille Bush, grand nom de l’univers pétrolier aux USA de faire main basse sur les réserves irakiennes, suite à un désaccord sur le prix du pétrole avec l’Arabie Saoudite.

Cette famille en remit d’ailleurs une seconde couche lors de l’intervention Américaine en Afganistan, au prétexte de libérer le peuple et la culture du joug taliban, qu’ils avaient préalablement armés contre les Russes pendant les années 80. Pourquoi ? Tout simplement pour une question de pipe-line et de pétrole.

Les retraites et Sarkozy :
Alors aujourd’hui on se pose la question suivante : Pourquoi le pouvoir s’obstine-t-il à défendre une réforme qui a été démontée par d’éminents spécialistes, dont on a montré à la fois le coût, l’inutilité, l’inexactitude des argumentaires gouvernementaux ? D’autant plus que des solutions existent, qui ne touchent ni l’âge de départ à 60ans, ni à la durée de cotisation, mais vont puiser là où se trouvent les fonds.

Pourquoi tant d’obstination ? Ils se rendent bien compte qu’en commençant vers 28 ans à cotiser, et en ne trouvant plus d’emploi au delà de 55ans, il sera impossible à la plupart des travailleurs d’obtenir une retraite sans décote.

Et là, l’une des explications les plus plausibles se fait jour : que de fonds perdus pour les banques et les assurances, que ces cotisation qui transitent directement des retenues salariales aux pensions des retraités! Cette manne financière potentiellement spéculative qui, aux Etats Unis ou en Angleterre, nourrirait les fonds de pensions, cette retraite par capitalisation qui fait les choux gras des grosses banques ou compagnies d’assurances n’est pas exploitable en France par les compagnies financières … mais si les travailleurs, incapables de vivre avec la maigre retraite qui résulterait de la réforme, décidaient de faire appel à la capitalisation via des retraites complémentaires par fonds privés, alors cette fortune pourrait être enfin exploitée par tous les organismes financiers qui seront sur le dessus du panier. Un marché juteux à l’horizon !

C’est pourquoi nous voyons poindre ces derniers temps, alors que la réforme est toujours soumise au vote du Sénat, des publicités pour les retraites complémentaires par capitalisation. La plus prisée passant sur une des chaines les plus regardées étant Malakoff-Mederic, fusion entre Malakoff (issue du Comité des Forges, association patronale créée à la fin du XIXème siècle pour le secteur professionnel des mines et de la métallurgie) et Medéric (dont la CCAF et CCAS sont à l’origine, des organismes patronaux au sortir de la seconde guerre mondiale qui ont composé ce groupe).

Ce groupe qui gère aussi les complémentaires à la Sécurité Sociale (service public lui aussi voué à la vindicte du régime ultra-libéral), ne se bat pas pour la suprématie du marché des assurances complémentaires pour rien, et n’est pas passé en tête des assurances par capitalisation de façon anodine ou inattendue … En effet, le délégué général du groupe, devenu depuis le 1er juillet 2008 le groupe Malakoff-Médéric se nomme Guillaume Sarkozy, frère du célèbre Nicolas.

On n’est jamais si bien servi que par les siens…

(Le site Mediapart expose d’ailleurs dans le détail l’entreprise de démolition annoncée des services sociaux basés sur la répartition, pour aller vers une privatisation qui ne dit pas son nom sous la forme d’une « Joint-Venture » avec la Caisse Nationale de Prévoyance et la Caisse des dépôts et Consignations, mais qui s’installe insidieusement sur le terrain et dans les esprits).

Sources :

Mediapart

Jean-Christophe_Mitterrand

FranceAfrique

Le pétrole et l’Irak

www.agoravox.fr

les echos

l’express

Centrafrique-presse

Le post.fr

wikipedia.org

Pasqua blog de Denis Touret

Guillaume Sarkozy

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